Article n°2: Les mesures anthropométriques, leurs valeurs et leurs limites ! Les chiffres sont-ils réels ou simplement des indications ?

Les mesures anthropométriques… derrière ce terme un peu barbare se cache des techniques de mesure des proportions morphologiques pratiquées sur le corps humain. 

Vous en connaissez, au moins, tous une : l’IMC.

On va faire un tour d’horizon de tout ce que vous pouvez utiliser ou être amener à rencontrer avec les professionnels. Cette liste n’est, bien sûr, pas exhaustives. Les choses évoluent et il existe une multitude de calcul. Vous trouverez ici les mesures les plus courantes.

  • IMC 

L’IMC ou Indice de Masse Corporelle est souvent cité et utilisé comme référence dans nombre d’articles sur la santé, la nutrition ou la diététique L’IMC ou Indice de Masse Corporelle est un indicateur servant à estimer la corpulence d’une personne et est souvent cité et utilisé comme référence dans nombre d’articles sur la santé, la nutrition ou la diététique.

La formule est la suivante :

IMC = (Poids en KG) /(Taille² en m)

Mais attention ! Elle n’est utilisable que chez les personnes de 18 à 65 ans. En dessous de cet âge, le calcul est faisable mais ne se calcule pas de la même manière, d’autre paramètre entre en jeu.

Cette formule ne prend pas en compte la masse musculaire, le sexe, l’âge ou encore l’ethnie. Les résultats sont donc à prendre en compte avec prudence. Sa représentativité permet, quand toutes les conditions sont réunies, de se rendre compte de l’état de santé, du surpoids ou maigreur en place.

C’est une première mesure mondialement connue et qui permet de se faire une première idée de votre état de forme, encore une fois c’est à prendre avec des pincettes. Dans certaines conditions (sport, grossesse, etc.) les mesures sont faussées.

Voici un tableau récapitulatif des résultats selon l’OMS

  • Balance impédancemétrie (à ne pas utiliser si vous êtes porteur d’un pacemaker) 

La balance bio impédancemètre est équipée d’électrodes qui exercent une tension électrique, et donc un faible courant traverse le corps lorsque l’on pose ses pieds dessus.

Ce signal traverse rapidement l’eau présente dans les tissus musculaires hydratés, mais il est confronté à la résistance du tissu adipeux. Celle-ci, nommée « impédance », est mesurée et insérée dans des équations.

Le corps agit alors comme une résistance à ce courant, et c’est en mesurant la résistance des différentes substances qui nous composent (gras, muscles, os, eau) que l’on va pouvoir déterminer la composition corporelle.

Cas pour lesquels la mesure par ce type de balance ne sera pas fiable :

  • Obésité > 40 
  • Grossesse
  • Œdèmes
  • Amputation
  • Hypersudation
  • Hypo ou hyperthermie

Il existe une multitude de balance mais voici quelques conseils :

  • Utilisez la même balance autant que possible afin d’avoir le même appareil de mesure au calibre unique
  • Utilisez la balance dans les mêmes conditions (le mieux restant le matin à jeun qui est plus facile à répéter), car notre poids varie au cours de nos journées (après manger, après une séance de sport etc.)
  • Ne pas se peser trop souvent (maximum 1 fois par semaine), encore une fois le poids varie en fonction de vos différentes journées (niveau d’activité, types de plat etc.)
  • Les balances dotées de capteurs seulement sous les pieds sont sympa par leurs prix mais n’ont pas une fiabilité très élevée, car l’impulsion électrique va de jambe à jambe en passant seulement par le bas du tronc. 
  • Les solutions possibles : consulter un professionnel avec une balance main / pied qui sera capable de lire et analyser vos résultats, ou investir mais le prix peut refroidir pour une utilisation partielle.
  • Rapport Taille / Hanche

Un autre indice, un peu moins connu, nous apporte d’autres informations : le rapport taille/hanches. Cet indice nous permet de savoir si une personne a des prédispositions à l’accumulation de graisses. Ce qui influe sur la probabilité de souffrir de maladies cardiaques, de diabète et de problème de pression artérielle, par exemple.

Les valeurs standard proposées à prendre en compte :

  • RTH = 0,71-0,84 normal pour les femmes.
  • RTH = 0,78-0,94 normal pour les hommes.
  • Chiffre élevé : Obésité androïde (corps en forme de pomme).
  • Chiffre faible : Obésité gynoïde (corps en forme de poire).

Alors quelles différences entre de ces 2 types d’obésités ? 

  • L’obésité gynoïde ne se complique qu’exceptionnellement de diabète et très rarement de maladies cardiovasculaires. Celles-ci se compliquent plus volontiers, de par la masse graisseuse totale et l’excès pondéral de complications ostéo-articulaires et respiratoires.
    • L’obésité androïde par la localisation des graisses au niveau abdominale augmente le risque de ce que l’on appelle le Syndrome métabolique qui est une association de pathologies :
  • Le diabète de type II
  • L’hypertension artérielle
  • L’apparition de dyslipidémie (il en existe 5 différentes) qui est l’élévation du cholestérol, des triglycérides
  • De risque cardiovasculaire
  • Tour de taille

Le tour de taille est un autre indicateur. Il donne une image simple de l’excès de graisse accumulé au niveau de votre abdomen.

La mesure du tour de taille est réalisée dans des conditions précises :

  • Sans vêtements, directement sur la peau ;
  • Debout les pieds joints, avec les bras relâchés de chaque côté du corps ; à la fin d’une expiration normale ;
  • En plaçant un mètre ruban horizontalement, à mi-distance entre la partie inférieure de la dernière côte et la partie la plus haute de l’os du bassin.

Le tour de taille est jugé trop élevé s’il est supérieur ou égal à :

  • 80 cm pour une femme ;
  • 94 cm pour un homme.

Au-delà de la mesure, qui indique simplement l’excès de masse au niveau abdominale, il reste l’une des mesures clés dans la validation du facteur de risques « obésité » dans le diagnostic de certaines pathologies.

Encore une fois, ce n’est qu’une mesure indicative sur votre taux de masse graisseuse abdominale qui ne reflète pas l’intégralité de votre corps, mais bien de votre état de santé.

  • Calcul par les plis cutanés

Cette mesure permet de calculer le %Masse Grasse qui sera déterminé par 2 formules différentes :

  • Une, calculera la densité corporelle, puis le % de MG.
  • La seconde partira de votre IMC, votre âge et le total des mesures des plis

Les mesures sont réalisées par convention du côté dominant. Elles ne prennent que quelques minutes. L’épaisseur des sites classiques de mesure des plis cutanés sont :

La somme des quatre plis cutanés est introduite dans des équations prédictives, en fonction de l’âge et du sexe, afin d’estimer la densité corporelle

Cette méthode demande un opérateur externe (entrainé de surcroît) et une pince spécialement calibrée (adipomètre)

Voici les principaux généraux pour avoir une cohérence dans les résultats :

  • Avoir toujours le même opérateur de mesure
  • Être relâché lors des mesures 
  • Les mesures doivent être faite 3 fois pour chaque pli afin d’en prendre la moyenne
  • Par convention les mesures se font sur le côté droit du corps.

Je n’entrerai pas plus dans les détails de calcul puisqu’au final c’est l’opérateur qui les fera à la suite de ses mesures. A moins que vous soyez assez souple pour prendre votre pli sous-scapulaire, dans ce cas on peut en discuter, autrement vous serez bloqué aux mesures, alors pas la peine de s’encombrer avec des formules mathématiques 😉Sachez que ça existe et qu’un professionnel peut passer par cette méthode.

  • Photo

En plus des mesures citées au-dessus, il est intéressant voir obligatoire de faire un suivi photo.

Le principe est de se rendre compte de la modification de votre silhouette pour plusieurs raisons :

  • Le poids peut « ne pas bouger » alors qu’il y a une augmentation de la masse maigre (muscle) et une diminution de la masse grasse (le muscle étant plus lourd que le grasse, il sera visuellement moins volumineux)
  • Permet de se rendre compte de l’affinage de votre silhouette 
  • Permet de suivre son évolution au cours du processus et de faire la comparaison avec le point de départ (augmentation de la motivation et satisfaction de votre travail)

Les photos doivent être prise dans les mêmes conditions afin de se rendre compte réellement de votre évolution c’est-à-dire :

  • Utiliser les mêmes positions
  • Réaliser les photos en sous-vêtements (Oui c’est beaucoup mieux pour admirer vos progrès que si vous rester totalement habillé !)
  • Être au même endroit (rapport à la luminosité)
  • Utiliser un trépied, avec votre téléphone par exemple, afin d’avoir le même matériel de photo et d’angle de prise de photo.
  • Il est nécessaire de comprendre que chaque mesure présentée ci-dessus sont des bons indicateurs mais ne sont pas une vérité absolue. Prenons l’exemple de l’IMC qui devient obsolète pour les personnes musclées, il aura tendance à indiquer une obésité… Nombre d’athlète sont considéré en surpoids voir obèse !

Qu’est ce que la masse grasse finalement ? 

La masse grasse d’une personne est la totalité des graisses qui se trouvent dans son organisme. Ce n’est pas la même chose que l’indice de masse corporelle (imc) qui en définition parle de l’obésité d’une personne.

Pour vous donner une idée de votre %MG (que vous pouvez obtenir par les balances impédancemétrie ou le calcul des plis cutanées) utilisez la formule ci-dessous (toujours à prendre avec des pincettes étant donné qu’elle utilise IMC) :

IMG (%) = (1,20 x IMC) + (0,23 x Âge) – (10,8 x Sexe) – 5,4

 Je reprends donc les données en fonction de votre sexe et de votre âge. 

Trouvez ici un graphique reprenant les différentes plages %MG, le sexe, l’âge et leurs significations sur votre état de santé. Le graphique est assez explicite, il suffit de prendre vos propres données pour savoir si vous êtes dans les clous !

Une échelle sur les Norme recommandées %MG max chez la population générale (selon Katch&McArdle ; Durnin&Rahaman) en fonction de votre sexe et âge existe, elle permet de connaître le taux de %MG maximum acceptable en fonction de votre âge / sexe :

Le pourcentage de masse grasse optimal (appelé aussi adiposité) chez le sportif est très variable en fonction de l’activité pratiquée, en raison du type d’effort et du métabolisme énergétique mis en jeu (sport d’endurance, de force…).

Il n’y a donc pas de norme universellement applicable à tous les sports. S’y ajoute une grande variabilité individuelle, puisque le concept de poids de forme est une notion purement personnelle.

C’est pourquoi les recommandations d’adiposité optimale sont assez larges, de façon à inclure toutes les disciplines.

  • L’adiposité conseillée chez les hommes se définit entre 9 et 13%.
  • L’adiposité conseillée chez les femmes entre 12 et 23% pouvant être élargie jusqu’à 28% selon la discipline.

Bon et bien alors, c’est quoi le plus important finalement ?

  • La photo : Rien de mieux que de voir l’évolution par les photos et juger des progrès. 
    • La balance impédance métrique : Le poids ne veut rien dire, si l’on ne sait pas ce qu’il représente, et celle-ci permet d’avoir une bonne idée de notre composition. 
    • Le ressenti : c’est vous et seulement vous qui devait juger votre changement d’apparence, de l’amélioration de vos mesures, etc. il faut chercher le juste équilibre dans la perte de poids, votre ressentie, votre bien être et les résultats attendus.  

Bon, maintenant que vous vous êtes mesuré, et que vous connaissez votre taux de masse grasse, on va entrer dans le vif du sujet. En commençant par la dépense énergétique et la notion de balance énergétique !

Bibliographie :

Article réalisé par FOURNIER Maxime, étudiant Master 1 Nutrition Sportive